Et si on regardait la réalité en face ? Et si on reprenait tout à la base ?

Mon père préparait le repas (quand il était là), mon père faisait les courses, et parfois le ménage, rarement du linge. Il s’occupait des comptes, gérait bien sa carrière, faisait rire les enfants, il bricolait et tondait la pelouse. Il nous aidait parfois pour les devoirs. Il s’offusquait des blagues graveleuses et des gros mots. Nous devions être propres, bien habillés, et polis. Il portait des chemises propres et repassées (par ma mère, 7h de repassage tous les 15 jours).
Mon père ne s’occupait pas du tout de la santé des enfants, ni des écoles, ni des vêtements des enfants. Il regardait les strip teases de jeunes femmes aux heures de grande écoute (Collaro, Benny Hills), avec ses enfants, malgré le désaccord explicite de notre mère. Il voulait que ses filles aient un métier « au cas où », sa femme a dû arrêter sa reprise d’études en dernière année « parce que les enfants en pâtissent » (non), et, pour lui, sa belle-fille ingénieure a besoin d’un mari qui la prenne en charge (mon frère).
Mon observation : un homme « bien » n’est pas un homme bon.
J’en conclus que peu importe les explications des femmes, dans ce modèle patriarcal, les hommes continueront de les diminuer pour mieux pouvoir les écraser quand ça leur chantera.
Je le note.
Et je me tourne donc vers un autre modèle : le modèle matriarcal. Dans ce modèle, les héritages se font via les femmes. La matriarche est garante de la bonne gestion des ressources familiales. Elle s’appuie sur ses soeurs, ses filles et ses nièces. Les frères ont un rôle de représentation des décisions prises par la famille.
Ce modèle est cassé par la vie en couple. Il est probablement temps de remettre en question l’image que nous nous faisons de la vie de parent. Le taux actuel de divorce est peut-être finalement une meilleure réalité ; nous avons encore à nous débarrasser du drama des hommes vexés dans leurs egos d’avoir perdu leurs trophées sociaux (ie une femme et des enfants).
Dans un modèle matriacal, les femmes baisent qui elles veulent, et élèvent leurs enfants au sein de leur famille, avec ou sans le père. Ce qui compte, c’est l’entraide familiale autour de la matriarche. La notion de mariage est instable entre les différents modèles matriarcaux.
En pratique, je vais donc privilégier la transmission à mes soeurs et à mes nièces. Je vais recréer un réseau d’entraide quotidien entre les femmes qui vivent autour de moi. Cela va passer par tisser des liens de confiance, établir des contrats de soins entre nous, mettre en place des plans de finance féministe (pour atteindre l’égalité réelle, elle faut enrichir les femmes). Et faire la fête (beaucoup).
Et surtout, écarter les hommes (et leurs complices) qui voudraient nous priver de cette proximité.
Enfin, puisque finalement on en arrive là, je ne parlerai plus de petits amis ni d’amoureux ni de conjoints, mais d’amants, qui devront mériter d’acquérir puis de conserver leur titre.
Je suis heureuse d’avoir enfin pu formuler ce nouveau cadre, qui correspond tellement mieux à mes intérêts personnels, et à mon bonheur 😊