La Société vous frotte la manche avec des bons salaires et une bonne réputation, mais est-ce que vous les méritez vraiment ? Oserez-vous vous regarder dans le miroir ?

- Le privilège sociétal d’être un garçon puis un homme
- Il est temps de reconnaître l’existence de votre privilège
- Il est temps de changer vos habitudes
- Des outils pour vous aider à avancer
Le privilège sociétal d’être un garçon puis un homme
Lorsque vous devenez père, vous recevez une augmentation, alors que les carrières des mères stagnent ou sont rétrogradées : c’est ça le patriarcat, le « pouvoir des pères ». [1]
Vous n’êtes pas père ? Pas grave, on fait comme si. Vous gagnez plus que les femmes du même niveau que vous, comme si vous aviez une famille nombreuse. Et, si vous en avez envie, votre carrière évoluera sans trop d’efforts ; juste parce que les hommes au pouvoir aiment faire évoluer ceux qui leur font penser à eux quand ils étaient plus jeunes. Ou parce que vous avez du « potentiel » .
En face, les carrières des femmes non mères évolueront moins, simplement parce qu’elles « pourraient » le devenir. D’ailleurs une femme ouvertement lesbienne fera une meilleure carrière (mais se prendra quand même plein de blagues homophobes dans la figure). Merci au passage pour les femmes stériles avec le désir d’être mères, elles ont double punition [2].
Les compétences des femmes sont peu valorisées financièrement, et elles sont souvent surqualifiées pour leur poste [3].

Et, messieurs, ce privilège existe dès avant votre naissance. C’est lui qui vous a permis de vous mettre en colère sans vous faire punir (contrairement à votre sœur ou à votre cousine) [4]. C’est encore lui qui vous a permis de porter des vêtements plus pratiques que les filles de votre âge [5]. Enfin, c’est aussi lui qui vous a permis d’accéder sans entrave à un des métiers qui-gagnent-bien [6]. Au même moment, les filles subissent contraintes, humiliations et assauts sexuels pour les dissuader de poursuivre leurs études dans ces mêmes métiers ; et ça continue à peu près toute leur vie [7].
Il est également statistiquement très probable que vous gagniez bien plus que vos (rares) collègues femmes, même sans l’avoir demandé [8].
Il est temps de reconnaître l’existence de votre privilège
Car toutes les statistiques et les études le montrent :
- Vous êtes privilégiés dans vos rémunérations [8]
- Vous êtes privilégiés quand vous vous mettez en colère [4]
- Vous êtes privilégiés lors des héritages [9]
- Vous êtes privilégiés quand vous avez des enfants [1]
- Vous êtes privilégiés quand vous tombez malade [10]
- Vous êtes privilégiés quand vous partez à la retraite [11]
Le système entier est consacré à nier ce double paradoxe : on donne tous les pouvoirs aux hommes, mais on leur pardonne AUSSI de faire des erreurs et d’être violents [12]. En face, les femmes doivent être douces, toujours disponibles et surtout souriantes [4].
Il est temps de changer vos habitudes
Je sais, vous pensez que vous êtes des bons gars. Parce que vous ne battez pas votre femme, vous avez « un boulot qui rapporte », et vous faites même la cuisine !
Mais avez-vous vraiment vérifié que vous respectez vraiment les femmes ?
- Avez-vous vérifié que vous en faisiez vraiment assez à la maison ? Utilisez un relevé des heures, vous savez bien le faire au boulot !
- Avez-vous vérifié que vous avanciez vraiment dans votre carrière grâce à vos compétences ? Comparez votre cv et votre rémunération avec vos collègues femmes, vous savez le faire entre copains !
- Avez-vous vérifié que vous aviez encouragé à vos filles d’approcher des métiers qui rapportent plus ? Présentez-leur vos collègues féminines, c’est important !
Pour rappel, les « blagues » sexistes que vous faites (ou laissez faire) dans les moments de « détente » (pause café, midis, afterworks, barbecues… ) ne sont jamais drôles. Si les femmes rient, c’est contraintes par leurs statuts subalternes (externes, intérimaires, secrétaires, stagiaires) [7]. Même EDF le dit :

Aussi, probablement sans vous en rendre compte, vous excluez systématiquement les femmes de votre réalité :
- Vous écrivez tout au masculin [13] (essayez l’écriture inclusive [14])
- Vous agissez comme si les femmes avec vos compétences n’existent pas (lisez sur l’effet Matilda) [15]
- Vous prenez des décisions sans tenir compte de l’avis des femmes (arrêtez d’invisibiliser les femmes) [16]
Et ça vous rend de facto misogynes (oui, vraiment).
Car quand vous agissez ainsi :
- Vous disqualifiez systématiquement les compétences des femmes, et donc leur retirez la valeur de leur travail (d’où des salaires moindres) ;
- Vous gaspillez le temps des femmes en leur imposant de devoir toujours faire mieux pour pouvoir espérer atteindre une reconnaissance sociale et financière proche de la vôtre (et restera probablement toujours moindre) .
Pour les femmes de votre entourage, c’est rageant et humiliant. Elles vous disent que non ? Normal, être gentilles est une stratégie de survie : vous avez oublié le génocide des femmes de la Renaissance ? Il s’appelle aussi la chasse aux sorcières, et le conditionnement des femmes qui en a résulté est toujours bien là : surtout, se taire sur sa propre valeur, et faire croire aux hommes qu’ils sont plus forts et plus intelligents [17.
Un court-métrage a été réalisé par la journaliste belge Safia Kessas à ce sujet (à partir de 5min38) [18] :
Des outils pour vous aider à avancer
En anglais, le jeune Royce Mann (14 ans) décrit son tiraillement entre ses privilèges et son envie de justice :
En anglais aussi, le youtuber Cyzor donne sa version de l’explication :
En français, le youtuber Grégoire Simon analyse la posture « féministe » du youtuber Ben Névert (c’est long mais c’est bien!) :
Alors, on essaie de faire mieux ? 👍😊
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A lire aussi :
[1] Article : STMicroelectronics condamnée pour discrimination contre les femmes
[2] Étude L’effet de la parentalité sur les carrières des femmes et des hommes
[3] Articles
[4] Livre « Éduquer sans préjugés » de Amandine Hancewicz et Manuela Spinelli
[5] Article «Comment je m’habille?»: ces injonctions contradictoires qui pèsent sur les adolescentes
[6] Articles
- Les femmes restent sous-représentées dans les métiers les mieux payés
- Les femmes étaient exclues des études d’ingéniérie jusqu’en 1960
[7] Article Le continuum des violences des hommes envers les femmes
[8] Article La carrière des femmes ingénieurs se heurte souvent à la culture d’entreprise
[9] Livre Le genre du capital de Céline Bessière et et Sibylle Gollac
[10] Reportage La santé des femmes – De l’ignorance à la reconnaissance
[12] Études
- Nombre de condamnations pour viol en France entre 2007 et 2021
- Les chiffres de référence sur les violences faites aux femmes
- Que fait la Belgique contre le viol ? Deux ans de campagne, l’heure du bilan
[13 Étude Les femmes se sentent moins concernées par l’écriture masculine : cf. le mémoire de master d’Océane Couillaud (2022) sur Le genre dans l’éducation entrepreneuriale, qui fait le point sur les études liées à cette thématique (p.43).
[14] Article Réduire l’écriture inclusive au point médian, c’est agaçant (ça rime 😁)
[15] Article Effet Matilda
[16] décisions sans tenir compte de l’avis des femmes
[17] impact traumatique de la chasse aux sorcières
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