Les matriarcats d’Amérique du Nord

On commence l’exploration avec les matriarcats d’Amérique du Nord, avec les exemples des Hopi, des peuples Pueblo, et de la Confédération iroquoise.

J’ai décidé de présenter les exemples de matriarcats dans un ordre différent de celui proposé par Heide Goettner-Abendroth [1] : son objectif est scientifique, le mien est celui de vulgariser, et surtout de nous montrer, à nous francophones, nos liens avec les matriarcats.

Les francophones les moins « occidentalisé•es » auront une bonne longueur d’avance sur la connaissance du sujet (et coucou si vous passez par ici 👋😊), et en apprendront donc moins que les autres. Comprendre les schémas de répétition /les patterns des matriarcats, et aussi leurs différences me semble néanmoins intéressant à découvrir. Et, francophones non occidentaux, si vous voulez nous apporter vos témoignages : les commentaires des articles vous sont grands ouverts !

Pour faciliter la lisibilité de ces schémas de répétition, je vais traiter les exemples de matriarcats de manière télégraphique. Donc, pour les jolies histoires avec les détails mignons, je vous renvoie au livre-même de Heide Goettner-Abendorth [1] ; je vous note les numéros de page pour tout retrouver facilement.

  1. Les Hopi, « Peuple pacifique » de l’Arizona
  2. Les peuples Pueblo
  3. Le peuple Iroquois
  4. Ma conclusion de cet article

Les Hopi, « Peuple pacifique » de l’Arizona

Descendant•es des Aztèques, les Hopi (p. 323) ont migré d’Amérique centrale dans la future Arizona au Néolithique, soit il y a 4000 ans. Iels vivent dans des montagnes arides, et ont développé une agriculture vivrière optimalisée, associée à des rites de vénération de la nature (jamais des personnes), du cycle de vie et de mort, et de la réincarnation. Ensuite, je vous la fais courte, les envahisseurs européens les ont « civilisé•es » à marche forcée.

Attention, cette vidéo décrit les HOPI avec des lunettes patriarcales (ie, en effaçant les femmes).

Le matriarcat Hopi est organisé de la manière suivante :

  • Distribution des rôles :
    • Femmes : vannerie, poterie, construction des bâtiments, cérémonies rituelles à l’intérieur du clan, éducation des filles
    • Hommes : agriculture [2], chasse, tissage, poutres pour la construction des bâtiments, éducation des garçons, combats quand nécessaire
  • Architecture des maisons :
    • Comme dans la plupart des cultures Pueblo, les maisons hopi traditionnelles sont construites les unes au-dessus des autres, en un empilement de cubes. Toutefois, pour des raisons défensives, le rez-de-chaussée n’avait pas de porte, il y avait en revanche une ouverture dans le toit, que l’on atteignait par une échelle pouvant étre tirée à l’intérieur en cas de danger. II en allait de même pour les pièces du haut, que l’on atteignait uniquement par des échelles. (p. 325)
  • Organisation des villages :
    • Chaque village a plusieurs kivas, grandes salles de stockage rondes creusées dans la terre, chaudes en hiver et fraîches en été. Les kivas sont également utilisées pour les cérémonies sacrées. (p. 325)
    • Partout où un site de peuplement devenait trop vaste, un village à envoyait un certain nombre de ses habitants ailleurs pour fonder un nouveau village « fille », et en même temps un troisième village, à l’entrée de la mesa de « village gardien ». (…) Les villages avaient – et ont toujours – des connexions rituelles qui expriment ces rapports entre eux. Deux expéditions punitives conduites par les Espagnols ont été mise déroute quand elles se sont heurtées à cette organisation stratégique; ils ne purent atteindre les villages qui dominaient, telles des forteresses, au somme de la falaise abrupte. (…) Les villages fonctionnaient comme des villages-républiques autonomes. (p. 328)
  • Organisation des clans (p. 329-332)
    • Le clan est organisé autour de la femme la plus âgée, responsable des cérémonies domestiques (réservées aux femmes et aux filles du clan). Elle confie la direction des cérémonies publiques à son frère le plus âgé.
    • Chaque femme construit elle-même son propre logement dans un cube contigü à celui de sa mère. La fille aînée hérite de la maison, des terres, et des responsabilités de cheffe de famille.
    • Les hommes et les adolescents vivent dans la kiva de leur clan. Lors des cérémonies, ils offrent des statuettes de fertilité aux femmes de leur clan.
    • Pour le mariage,
      • L’épouse courtise son époux. Plus tard, elle peut ensuite facilement en divorcer.
      • Avant la nuit de noce, l’époux est « initié » par la matriarche (on n’a pas les détails). Les relations sexuelles restent libres, et se déroulent au logement de la femme.
      • L’époux vit dans et travaille pour le clan de son épouse (ie matrilocal).
      • Un enfant ne sait pas forcément qui est son père ; il porte le nom de sa mère (ie matrilinéaire). Les enfants sont élevés ensemble, par leur mères, leurs tantes et leurs oncles.
      • La violence envers les femmes n’existe pas (p. 334).
  • Organisation inter-clan (p. 333) :
    • Lors du rituel du mariage, le clan du marié prépare le costume de noce de la mariée. Les femmes apprêtent les fils de coton et de laine que les hommes vont ensuite tisser. La tenue de mariage sera le costume de fête de la mariée tout au long sa vie ; quand elle mourra, ce sera la robe de ses funérailles.
      Plusieurs années sont nécessaires à sa réalisation, et pendant tout ce temps, la jeune mariée sert sa belle-mère. Quand le vêtement est terminé, la jeune femme est parée de tous ses atours et ramenée dans la maison de sa mère où de grands paniers de victuailles ont déjà été préparés; ce sont des présents pour les membres du clan du jeune marié, offerts en reconnaissance de leur travail. L’accord d’entraide conclu par les deux clans est scellé publiquement lorsque la mariée apparait dans son splendide costume de noce lors d’une cérémonie publique sur la place du village. Elle est le centre de tous ces événements.
    • Il existe également des sociétés secrètes de femmes, mais dont les anthropologues n’ont pas encore pu documenter les rôles ni les usages (p. 337).
L'organisation matriarcale des Hopi selon Heide Goettner-Abendroth (cf. explication dans le texte)

Photos [3] :

  • d’une femme Hopi travaillant la vannerie
  • d’une femme coiffant sa fille ou sa nièce pour une cérémonie
  • d’un village et de l’architecture Hopi, et du paysage dans lequel ce peuple vivait
  • d’une cérémonie publique, avec femmes et hommes

Les peuples Pueblo

Heide Goettner-Abendroth explique (p. 341) :

Tout le système cérémoniel Hopi, ainsi que son calendrier des cérémonies détaillé, est très ancien et correspond, jusque dans les moindres détails, au calendrier rituel et au cycle cérémoniel des anciennes cultures mexicaines, en particulier celle de Mayas. Manifestement, donc, les anciens peuples agriculteurs – les plus défavorisés, sur le dos desquels les anciennes cultures mexicaines, telles que les cultures Maya et Toltèque, ont construit leurs empires – doivent avoir conservé leurs façons d’être matriarcales originelles. À partir de l’exemple Hopi, nous pouvons imaginer à quoi a dû ressembler la vie des gens. L’effondrement soudain des cités-États patriarcales mayas et toltèques ont probablement entraîné de grandes migrations de ces peuples agriculteurs hors des zones centralisées – en fait, la baisse démographique a sans doute causé leur disparition en tant que cultures. Nous pouvons avancer que lorsque les orientations patriarcales des classes dirigeantes étaient trop dures pour eux, les clans matriarcaux ruraux avaient tout simplement tendance à s’en aller – on peut suivre leurs migrations du sud vers le nord. Les cultures Pueblo représentent par conséquent la frange la plus septentrionale de la migration des cultures matriarcales en Amérique centrale, qui n’ont jamais évolué en royaumes patriarcaux. Les convictions spirituelles profondes ancrées dans les cultures Pueblo ont poussé ces peuples à continuer à vivre simplement, comme l’avaient fait leurs ancêtres ruraux pendant des millénaires.

Heide Goettner-Abendroth raconte ensuite les mythes de toutes les déesses et des quelques dieux des peuples Pueblo (ça m’a fait penser au film Vaiana [5]).

Certaines légendes retracent la migration des peuples anciens de l’Asie du Sud-Est par l’eau jusqu’à l’Amérique du Sud, puis vers l’Amérique du Nord. On retrouve aujourd’hui toutes les preuves archéologiques de ces récits.

Cette vidéo explique les mythes et légendes Hopi en langue Hopi ; des traductions en anglais sont incluses dans les images de la vidéo, donc pas directement traductibles en français (désolée, je n’ai pas trouvé d’équivalent plus accessible).

Les peuples Pueblo le long du Rio Grande ont fini par être christianisés, ce dont les Hopi ont réussi à se prémunir jusqu’à présent. Toutefois, même les peuples Pueblo chrétiens établis le long du Rio Grande suivent leurs anciennes croyance parallèlement aux croyances chrétiennes; par exemple, le dimanche, en sortant de l’église, ils rejoignent la kiva pour accomplir leurs anciens rituels. (…) On trouve des variantes de ces déesses mythiques depuis le Rio Grande, dans l’est, jusqu’aux terres hopi, dans l’ouest. Les jumelles, Uretsete et Naotsete, ne sont pas non plus identiques dans chaque culture: d’un pueblo à l’autre, elles changent de sexe. Le long du Rio Grande, il s’agit de deux sœurs; plus à l’ouest, d’un frère et d’une sœur; et pour les Hopi, il s’agit de deux frères. Même si ces aspects font encore partie de la culture traditionnelle Pueblo, l’arrivée des missionnaires chrétiens va radicalement changer les choses. Désormais, les déesses primordiales vont être masculinisées ou remplacées par des créateurs masculins, pour s’adapter à la conception du monde patriarcale européenne: le concept du Grand Esprit a pris le pas sur les multiples aspects des déesses créatrices – puisque la création par l’esprit ne peut, dans un patriarcat, qu’être de nature masculine.

Heide Goettner-Abendroth conclut que les sociétés matriarcales sont entièrement fondées sur des rites sacrés, qui rythment le quotidien.

Le peuple Iroquois

C’est un sacré défi de vous résumer l’histoire racontée par Heide Goettner-Abendroth (p. 353), donc je vais synthétiser au maximum, parce qu’on s’éloigne un peu des matriarcats.

En très gros, les Cherokees et les Iroquois sont venu.es de l’extrême Nord-Ouest de l’Amérique du Nord il y a 4.000 ans. Les Cherokees sont partis s’installer à l’Ouest du Mississippi, en s’intégrant à la culture Adena déjà installée sur place, et venue du Sud ; ensemble, iels ont développé la culture Hopewell. Vers 550, quand les Iroquois.es sont arrivé.es au Mississippi, il y a eu bagarre. Les Iroquois.es ont passé le fleuve, et se sont déployé.es sur tous les territoires de l’Est du continent ; de l’an 800 à l’an 1400, leur culture Mound Builder des forêts de l’Est s’est développée en villes de plusieurs milliers d’habitant.es.

Ces peuples venus du Sud (Adena) et de l’Ouest (Cherokees, Iroquois) possèdent encore tous des ordres anciens matriarcaux (p. 357). Vers 800, la population a augmenté et des conflits ont émergé autour des terres rares alluviales ; certains descendants Hopewell ont commencé à fortifier leurs villes en cités-Etats de structures de classes patriarcales de type mexicain. Des prêtres ont commencé à prendre le pouvoir, jusqu’à devenir une élite religieuse terrorisant la population. Au 9e siècle, les violences sexuelles et le cannibalisme rituel des prêtres ont poussé certaines mères claniques à faire migrer leurs clans dans d’autres régions. En 1142, la révolution contre les prêtres a conduit à la fondation de la Confédération iroquoise des 6 nations : c’est cette nouvelle construction sociétale qui devient intéressante pour notre sujet. (p.358)

Au 10e siècle, les Attiwendaronk ont commencé à envoyer des « Emissaires de paix », des femmes chargées de diffuser les nouvelles méthodes d’agriculture, la « Corn Way» (« voie du maïs »), à d’autres peuples Iroquois. (…) Une cheffe importante de la « Corn Way » était la matriarche Jigonsasch, une Attiwendaronk à l’origine qui devint Seneca. Elle portait le message tant de la culture du maïs que d’une organisation sociale fondée sur des principes d’égalité. Partout où les mères claniques des Iroquois du Sud prenaient son message au sérieux, la classe dominante de prêtres de la culture Mound Builder se voyait menacée. Chaque peuple des Mound Builder avait son propre grand prêtre ; Adodaroh était le Grand Prêtre des Onondaga et leur chef de cérémonie du feu. Bien qu’il fût un vieux chaman atteint de folie, il est devenu très puissant; il est dépeint comme un être voûté, aux pieds immenses et à l’énorme pénis, qui arborait des serpents vivants dans ses cheveux et une tête de serpent au bout de chaque doigt. On raconte qu’Adodaroh était si puissant qu’il pouvait déclencher des tempêtes et de hautes vagues, et qu’en le voyant les oiseaux tombaient morts du haut du ciel. Il a rassemblé son armée, et une longue guerre civile s’ensuivit pendant tout le 10e siècle. Deux formes de sociétés étaient en guerre l’une contre l’autre : l’ordre patriarcal des prêtres s’opposait à l’ordre matriarcal des mères claniques. Durant tout ce temps, Adodaroh a tenté de capturer et de tuer Jigonsaseh, mais canoéiste émérite, elle a toujours réussi à s’échapper sur son bateau.

Vers 1050, un des deux fondateurs masculins de la future Confédération fit son apparition. Celui appelé le « Peacemaker » (« Faiseur de paix ») était un jeune Attiwendaronk du lac Ontario. Sa première décision fut de faire appel à Jigonsaseh – qui était la personne la plus âgée et la plus puissante des deux – pour lui demander de se joindre à son initiative de paix, c’est-à-dire la mise en œuvre d’une Constitution et d’une Confédération, avec sa Corn Way. Elle a négocié avec lui, exigeant que soient garantis pour les femmes les pouvoirs étendus inscrits dans la Constitution, devenue la pierre angulaire de la Ligue des Iroquois. Le Peacemaker est allé de peuple en peuple, et est parvenu à un point d’unité et de paix qui a tenu tête à la tyrannie d’Adodaroh et de ses prêtres. C’est essentiellement l’assentiment de Jigonsaseh à la mission du Peacemaker qui a rendu cette action si remarquable, et a ensuite amené la Ligue des Iroquois à honorer cette femme en lui décernant les titres de « Grande Femme », « Reine de la Paix », et « Mère des Nations.

De nombreux Iroquois ont entendu le message de Jigonsasch er du Peacemaker, qui ont pacifiquement étendu leur influence. Parce qu’un nombre toujours croissant de gens ont refusé de se battre, la guerre civile a commencé à s’affaiblir. Même Ayonwantha « Hiawatha »), un chef de guerre mohawk cannibale, un général appartenant à la classe des prêtres, a été persuadé par le Peacemaker d’embrasser la paix. et la Corn Way. Finalement, après que le Peacemaker, Jigonsasch et Ayonwantha ont passé des années à mettre en œuvre la paix et à élaborer la Confédération, tous les peuples qui allaient devenir les Cinq Nations ont adhéré à la Corn Way: Seneca, Cayuga, Onondaga, Oneida et Mohawk. Adodaroh s’est retrouvé seul, et il a fui vers une île avec ses derniers prêtres. (…) Dans sa grande sagesse, Jigonsaseh avait recommandé de lui proposer d’être le premier président du Grand Conseil des hommes de la Ligue, à condition qu’il adopte la Corn Way et la paix.

Adodaroh a accepté leur offre, non sans réticence. Il était toujours atteint de folie, si bien qu’Ayonwantha se vit confier la tâche incessante de démêler les serpents de ses cheveux, à la fois au sens propre de les en extraire et au sens figuré de redresser les pensées tordues d’Adodaroh, parvenant ainsi à faire de lui un grand président fort capable du Grand Conseil des hommes. Grâce à la thérapie d’Ayonwantha, Adodaroh a si bien rempli sa fonction que le nom d’« Adodaroh » a été célébré, devenant le titre attribué à chaque président suivant du Grand Conseil des hommes. Entre-temps, Jigonsaseh est devenue Mère clanique suprême de la Ligue, et son nom est également devenu le titre attribué à ce poste. Chaque mère canique élue par la suite comme Mère clanique suprême de la Ligue a porté le titre respecté de « Jigonsaseh ».

Cet exemple iroquois est particulièrement remarquable car il montre que la façon de penser et d’agir matriarcale peut triompher d’une forme de patriarcat.

Voici une vidéo expliquant l’impact organisationnel de la Confédération iroquoise sur la construction des Etats-Unis :

Le matriarcat iroquois s’organise de manière matrilinéaire et matrilocale (p.368) :

Statut, titre, propriété, et presque toutes les fonctions sociales, politiques et religieuses étaient hérités par l’Ohwachira de la mère. De plus, tous les objets et emblèmes cérémoniels, ainsi que les mythes, les chants rituels, les cérémonies et les connaissances traditionnelles en médecine relevaient du domaine de certains clans matrilinéaires ; cela signifie que les femmes les possédaient et en contrôlaient l’usage. Cela est aussi inscrit dans la Constitution sous forme de loi garantissant aux femmes le droit exclusif à déterminer les lignées et les noms. (…) Ainsi, chacune des Gantowisas, ou matriarches, accordait tous titres de chefferie qui appartenaient à leur clan, y compris le titre honorifique le plus convoité, celui de « Sachem », ou « chef de paix », dans le Grand Conseil des hommes. (…)

Une Gantowisa devait être une femme d’un âge avancé, reconnue comme une dirigeante intelligente et talentueuse, de nature irréprochable et d’une moralité parfaite. Elle était choisie parmi ses sœurs par un conseil clanique, et se voyait gratifiée du meilleur « Jeune Homme» (titre dévolu à ceux occupant le poste de soldat) du clan, qui devait rester auprès d’elle en tant que son assistant personne, Il était le porte-parole de la mère clanique au conseil des hommes. Elle jouissait d’un grand respect, d’autant plus si son clan avait le droit d’accorder le tire de chef de paix, ou Sachem. En ce cas, elle était également gardienne de la fonction de chef et portait le titre de « Royaneh » ou « faiseuse de chef ». Les Gantowisas étaient les représentantes du clan dans sa totalité.

Ici aussi, les enfants sont élevés de manière indissociée par leur mère et leurs tantes.

  • Distribution des rôles :
    • Hommes : responsables des forêts, de la chasse, de la pêche et du commerce
    • Femmes : responsables de champs, de l’agriculture, des cérémonies (lien avec le chamanisme et les prêtresses [5]), de la médecine (pan hyper large et important, cf. p.374-381), de la politique et de l’administration du clan, du règlement des querelles avec les autres clans (généralement générées par la chasse et le commerce)
  • Architecture des maisons : un clan par maison longue
  • Organisation des villages : plusieurs maisons longues
    • La terre (Terre Mère) est la propriété des femmes (droit garanti dans la Constitution).
    • Les récoltes appartiennent aux femmes, qui les partagent entre tous les membres du foyer en fonction des besoins : économie du don.
    • Les villages sont déplacés environ tous les 20 ans.
  • Organisation inter-clan : principe de la gémellité
    • Le Conseil des femmes rassemble les mères claniques et les femmes adultes. Il prend la parole en premier et contrôle l’ordre du jour des conseils des anciens : le Conseil des grands-mères, et le Conseil des grands-pères.
    • Les hommes se réunissent au Conseil des hommes, auquel participe une porte-parole du Conseil des femmes.
    • Le Jeune Homme est l’assistant et le porte-parole de la matriarche Ohwachira au Conseil des hommes.
    • Le.la Sachem (« chef.fe de paix ») est désigné par la matriarche Royaneh (« faiseuse de chef.fe ») ou par le Conseil des femmes (mères claniques et femmes adultes). Leur rôle est de résoudre les conflits rapidement. Les conseils des anciens s’assurent que les décisions des Sachems sont compatibles avec les valeurs sociales traditionnelles.
    • Les liens de parenté, réels ou symboliques, préservent l’unité de la Ligue iroquoise.

Photos [6] :

  • une Iroquoise parée sur son cheval
  • la couverture du livre Squaws dédié aux Iroquoises
  • le dessin d’un village iroquois avec les longues maisons
  • la photo d’une longue maison

Quelques traces de cet héritage :

En 1869, la loi canadienne a institué la descendance patrilinéaire pour les peuples autochotones sur son territoire. Comme aucune loi semblable n’a été votée aux Etats-Unis, des vestiges de l’ancien matrilignage ont été conservés.

Et lu ce matin sur Mastodon, juste avant la mise en ligne de cet article :

Alice Abdaloff
@aliceabdaloff-
Une longue histoire. Des avancées permises uniquement parce que les militantes ne lâchent rien. Et une histoire qui n'est pas finie, d'abord parce qu'il faut toujours rester vigilantes, les militants anti eux non plus ne lâchent rien, et puis parce que pourquoi ne pas réclamer la suppression totale d'un délai légal au-delà duquel débrouille toi avec ce gosse dont tu ne voulais pas ? Au Canada: aucun délai légal. Sur le papier, la seule condition pour avorter librement, c'est d'être enceinte. Dans les faits, là comme ailleurs, la quasi totalité des avortements ont lieu au cours des 3 premiers mois.
17 Jan 2025 at 13:40:58 • Web

Ma conclusion de cet article

En lien avec cette première partie d’exploration dans les matriarcats, je constate que les « hé bro » et les « taties » sont du vocabulaires que j’observe tous les jours, dans les familles et chez les jeunes issus de l’immigration visible. Ce système de mutualisation des familles me semble bien plus agréable que l’isolement des familles à la mode occidentale.

Je n’ai par ailleurs pas pu ici m’étendre sur la partie des sociétés de médecine iroquoises, mais c’est clairement un sujet à creuser : j’ai l’impression que cette approche nous aiderait bien à soigner les maladies occidentales que sont la dépression et la perte de sens…

Prochain article : les matriarcats d’Amérique centrale


Couverture du livre

Cet article fait partie d’une série issue du livre sur Les sociétés matriarcales par Heide Goettner-Abendroth.

Voir tous les articles

➡️ Abonnez-vous à ce blog♥️


[1] Livre Les sociétés matriarcales par Heide Goettner-Abendroth

[2] A l’origine, les femmes étaient en charge de l’agriculture. Ensuite, ce rôle peut évoluer d’une société matriarcale à l’autre.

[3] Article Hopis ; images Wikimedia
Vidéo Photos commentées sur la vie du peuple Hopi (1h14)

[4] Bande annonce du film Vaiana

[5] Article Du matriarcat aux femmes vénérées… effacées
Vidéo Le mythe iroquois

[6] Articles liés aux photos :


En savoir plus sur Mania Emma

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Un commentaire

Laisser un commentaire