Évidemment, quand ma famille m’a dit toute ma vie que j’étais « trop », il ne m’est jamais venu à l’esprit que d’autres pouvaient être dans la même situation. En fait, ma famille est surtout dysfonctionnelle : j’ai documenté pour vous les sources qui m’ont aidé à m’en sortir (et surtout, à éviter de le transmettre…).
« Quand ça devient trop lourd, c’est okay de le déposer » Déposez les charges du passé et du futur, pour vous limiter aux charges du présent
Important 1 : je ne suis pas psy. Ici, je vous livre uniquement mon témoignage, parce qu’on me l’a demandé. J’ai peut-être oublié des points qui pourraient être importants pour vous, donc lisez tout ceci en gardant votre esprit critique bien éveillé, et consultez des professionnel.les de santé si nécessaire. Important 2 : je vous livre tout ça en ligne droite, mais c’est le résultat de nombreux essais-erreurs. Donc pas de panique, c’est vraiment un chemin difficile. Prenez le temps de faire des pauses plus ou moins longues en fonction de votre énergie disponible. Cœur sur vous 🙏
Pour comprendre ce qu’il m’arrivait, j’ai utilisé la technique des 5 pourquoi [1] : pour chaque réponse à une question, on demande « pourquoi? », et ça 5 fois de suite. A la fin, normalement, on a trouvé la cause principale de la première question.
Oui, c’est un processus qui prend du temps 😅 Mais en fait, c’est comme ça pour tout le parcours : je dis que chaque génération doit faire sa part du boulot. Je fais partie de la fin de la génération X, et je suis seulement la 2e génération à ne pas avoir vécu la guerre. Alors, forcément, il y a aussi beaucoup de mécanismes de survie hérités à déconstuire !
Évidemment, quand on construit sa vie, on reproduit les habitudes dans lesquelles on a été élevé.es : je me suis donc mariée et ai eu des enfants, avec un homme issu d’une famille tout aussi dysfonctionnelle que la mienne. J’en avais vaguement conscience à l’époque, et puis le modèle a explosé quand ma belle-mère est décédée, à 60 ans.
J’ai alors dû quitter mon mari, pour soulager la tension familiale, pour sauver ma peau et celles de mes enfants, et aussi pour laisser à mon ex-mari le temps de faire son deuil (ça a pris 7 ans). J’étais alors à la fois soulagée et perdue : j’avais quitté un modèle familial dysfonctionnel, et je devais de facto en créer un nouveau. Mais comment ? J’ai alors utilisé mes compétences professionnelles, et j’ai détourné le concept du business plan [2].
Dans un logiciel de présentation, j’ai créé un « Plan de développement personnel« , avec des objectifs à 5 ans, à 3 ans et à 1 an :
A gauche, les petites flèches indiquent que les écrans sont regroupés par années.
On retrouve donc :
Un écran pour les objectifs à 5 ans, précédé par un écran pour les objectifs à 3 ans, précédé par un écran pour les objectifs à 1 an
Pour chaque écran, des objectifs et des directions générales de moyens pour y arriver
Et puis pour chaque couple objectif-moyen, j’ai ajouté en-dessous des écrans dédiés
J’ai pu ainsi, périodiquement, faire le point sur chaque petit pas que j’avais réussi à atteindre, chaque question que j’avais réussi à réglé… ou pas. C’est avant tout un document vivant. J’ai continué à faire évoluer ce document pendant 12 ans !
Pour mieux comprendre l’environnement dont j’étais issue, je me suis ensuite fait accompagner par une psychologue spécialisée en constellation familiale [3]. Ce processus m’a épatée ! Comme un jeu de rôle, avec des vraies personnes ou avec des petits bouts de papier, on positionne dans l’espace les éléments du système familial, et on arrive ainsi à visualiser les liens visibles et invisibles, les personnes ou les choses qui influencent le système (la politique, la religion, les croyances, la violence, les viols, la guerre…), ou celles qui manquent au système (un moment, une personne, un objet…). J’ai ainsi compris la grande violence vécue par mes ancêtres, avec des guerres, des viols, et des principes d’éducation très autoritaires.
C’est d’abord via Pinterest, que je suis tombée sur des Américain.es qui parlaient du schéma de la famille dysfonctionnelle. J’en ai retenu pour vous quelques unes, plutôt à suivre sur les réseaux sociaux :
Une fois que j’ai pu comprendre dans quelle galère je m’étais retrouvée dès la naissance, la tête était calmée, mais le corps continuait à ne pas aller bien. J’ai donc essayé de rétablir la connexion entre mon esprit et mon corps. Je suis tombée par hasard sur le livre « Le corps n’oublie rien » du psychiatre Bessel van der Kolk [4]. J’ai retenu de ce livre les techniques suivantes :
Le journaling : c’est ce qu’on appelle en français « tenir un carnet intime », mais avec une ambition est plus grande. L’objectif c’est de faire sortir de sa tête un maximum d’idées et de réflexions néfastes, d’avoir un.e confident.e toujours accessible pour décharger son mental. Ca permet de soulager son état émotionnel.
EMDR : cette technique permet, seul.e ou accompagné. d’un.e professionnel.le formé.e, de se débarrasser des idées noires qui tournent en boucle dans la tête. Pour cela, on utilise le mouvement des yeux ou du tapotement (le « tapping » [5]) pour aider son cerveau à évacuer ces idées. J’ai été accompagnée par une assistante sociale formée à différents techniques d’accompagnement psychologique, notamment celle-ci.
Neurofeedback : avec un équipement adapté, on aide le cerveau à ajuster ses ondes cérébrales à une « moyenne ». Apparemment il y a plusieurs moyens d’y arriver. Mon expérience était basée sur : un bonnet avec électrodes sur la tête pour mesurer la hauteur des ondes cérébrales, le visionnage d’une vidéo (n’importe laquelle), et l’ordinateur obscurcit l’écran et réduit le son quand il mesure des ondes cérébrales trop hautes. J’ai fait ça dans un cabinet spécialisé, accompagnée par une neuropsychologue ; il est possible de louer des appareils pour faire des séances chez soi.
Les associations professionnelles sont les meilleures sources d’information pour identifier les professionnel.les formé.es près de chez vous.
Grâce à ce parcours, j’ai aussi appris les notions de stress post-traumatique, et stress post-traumatique complexe [6]. Le stress post-traumatique (PTSD en anglais) est généré à partir d’un événement traumatique soudain unique, comme un accident de voiture. Le symptôme post-traumatique complexe (cPTSD en anglais) est provoqué par plusieurs traumatismes : après l’EMDR, j’ai pu en décrire assez pour remplir 7 pages A4 ! Et le neurofeedback a pu confirmer physiologiquement mon cPTSD : le corps n’oublie rien…
Je m’en sors : comment me construire une nouvelle réalité ?
Connaissez-vous la plasticité cérébrale ? C’est le principe qui permet à nos cerveaux de s’adapter à un nouvel environnement [7]. Alors moi, qui suis une personne extrêmement déterminée, j’ai décidé que j’allais utiliser ce principe pour « reconfigurer mon cerveau ».
Pour moi, reconfigurer mon cerveau, c’est faire évoluer les points de repères hérités néfastes par des points de repères qui me conviennent. Exemples :
Stop aux hurlements et à la fessée et à la douche froide (véridique), je choisis plutôt de réconforter mon fils quand il est en colère.
Stop aux relations qui aiment me dévaloriser, je choisis de passer mon temps avec des personnes qui m’apprécient et qui me valorisent.
Stop au sucre, c’est le gras qui me convient mieux, donc j’adapte mon régime alimentaire et je pose mes limites sociales pour respecter le bon fonctionnement de mon corps (celle-là elle est dure à tenir).
Pour y arriver, les reels américains trouvés sur Facebook m’ont beaucoup aidée. J’ai notamment découvert les notions de :
Triggers : en français, « réactivation des traumatismes » [8]. Quand un événement similaire à un qu’on a déjà vécu pointe à l’horizon, l’expérience traumatique s’active, le corps se tend, et le cortisol (l’hormone du stress) se répand dans le corps. Plus on arrive à identifier ces triggers, plus on est à même d’arriver à se calmer face à ces situations similaires mais différentes, car on est maintenant en sécurité.
Healthy boundaries : en français, « limites saines » [9]. Quand une personne abuse de la situation, les alertes se déclenchent, mais ce n’est pas toujours évident d’exprimer ces alertes de manière adaptée. Instinctivement, on peut réagir en mode fight/fly/freeze, soit bagarre/fuite/sidération. Apprendre à poser ses « limites saines », c’est se protéger tout en plaçant l’autre face à ses responsabilités, par exemple avec la réponse : « si tu continues (…), alors je (…) ».
Red flags : en français, « alertes comportementales » [10]. Ce sont des listes que les internautes s’échangent pour alerter sur les comportements problématiques. Mais en fait, on peut aussi reprendre le violentomètre.
Green flags : en français, « comportements sains » [11]. Ce sont des listes que les internautes s’échangent pour alerter sur les comportements sains. Pour là aussi, le violentomètre fonctionne. Mais j’avais envie de vous donner un autre exemple :
« Tout le monde vous met en garde contre les red flags dans une relation, mais je veux entendre parler des green flags En voici donc quelques-uns. Ajoutez les vôtres si vous le souhaitez ! Il vous écoute lorsque vous avez des problèmes et vous aide à les résoudre. Arrête de faire des choses qui te mettent mal à l’aise. Fait des compromis lorsque c’est nécessaire Ne vous rabaisse jamais délibérément, surtout pas en public Soutient vos ambitions Utilise un ton calme et rationnel pendant les disputes Est capable de s’excuser lorsqu’il a tort Aide votre processus de croissance »
Pour vous habituer à ces nouveaux repères de réalité, je vous conseille donc d’aller voir sur les réseaux sociaux :
Je m’en suis sorti.e : comment construire ma meilleure vie ?
Alors déjà : FÉLICITATIONS ! Parce que clairement, arriver jusque là, ça a déjà demandé un énorme boulot. Et qu’est-ce qu’on fait maintenant?
Sorti.e des contraintes, il va falloir arriver à imaginer sa meilleure vie. Et puis, pas à pas, planifier la construction de cette meilleure vie, en mode amélioration continue.
Moi, j’en suis là. J’ai déjà décrit cette étape comme le mini-congélateur au-dessus du frigo, qui était avant plein de saletés, que j’ai pris le temps de vider puis de nettoyer jusque dans les moindres recoins. Et maintenant, mon mini-congélateur il est tout blanc tout propre, et je suis enfin en train de l’aménager et de le décorer comme que j’en ai vraiment envie.
D’ailleurs, rédiger ce blog fait partie de ce parcours : partager avec vous tout ce que j’ai appris est très important pour moi. J’espère que cette transmission pourra aider au moins une personne 🤞 Et pour cette nouvelle vie , j’ai échangé mon plan de développement personnel par la description de Mes plus grandes ambitions.
Même principe qu’auparavant : un groupe d’écran par étape
Là encore, à l’aide d’un logiciel de présentation, j’utilise un écran à la fois pour noter mes objectifs et les moyens d’y arriver.
J’ai d’abord eu un objectif « Voir en très grand », dans lequelle je décrivais les réalisations les plus ambitieuses auxquelles je pourrais prétendre. Et maintenant, je me dis qu’en fait, c’est pas parce que je peux faire quelque chose, que je dois le faire. Donc je suis actuellement en train de travailler sur un deuxième objectif « Voir en très bon », avec l’ambition de m’offrir un maximum de plaisirs : je suis sortie pour de bon du mode survie \o/
[…] et suivre une thérapie pour reconfigurer son mode de fonctionnement : cf. mon article Sortir de ses traumatismes […]
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[…] [30] Article Sortir de ses traumatismes […]
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Quelques idées de podcasts pour compléter :
mécreante
je ne suis pas raciste mais
afrotopiques
nos voix féministes
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Voici de nouvelles sources intéressantes sur le sujet
Des thérapeutes :
Aspen Robinson
James Brillon
Ask Courtney
josh_ffw
Kier Gaines
Matthias J Barker
Laura Saldarriaga
Un reportage télévisé Reportage arte : Peut-on compter sur la famille
Un livre Le Prix à payer : Ce que le couple hétérosexuel coûte aux femmes par Lucile Quillet
Une newsletter Une newsletter des Glorieuses sur l’égalité salariale, et comment l’Islande y est arrivée
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[…] [5] Article Sortir de ses traumatismes […]
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